Vers un transfert complet de l’orientation au régions ?

Publié le par Jérôme Martin

A la rentrée 2017, les régions ont désormais en charge le transport scolaire, mais le retour à la semaine de quatre jours dans bon nombre de communes n'est pas sans poser de difficultés, ont-elles fait valoir mercredi. Elles entendent aussi profiter de cette rentrée pour formuler des propositions en matière d'orientation des élèves et de formation. A quelques semaines de leur congrès, les régions souhaitent ainsi relancer la plateforme de dialogue avec l'Etat, avec en ligne de mire la concrétisation de la fraction de TVA qui leur avait été promise l'an dernier.

Lycées 4.0
S’agissant de la formation des jeunes, le président du Centre-Val de Loire et président délégué de Régions de France, François Bonneau, identifie "deux tensions" : l’une sur l’emploi (les chômeurs peinent à trouver un emploi quand les entreprises ont elles-mêmes du mal à trouver les compétences correspondant à leurs besoins) et l’une sur l’orientation aux métiers de demain. Compétentes sur le service public régional de l’orientation (SPRO), les régions profitent de cette rentrée pour demander le transfert des centres d’information et d’orientation (CIO) "en vue de la meilleure organisation des flux vers les différents filières". Les régions demandent que leur soit confiée "l'organisation de la totalité de l'offre de formation, dans les voies générale (options de langues notamment) et technologique, y compris le post-baccalauréat (bac +3)". Alors que l’alternance va s’imposer "comme un sujet majeur" dans les mois à venir, juge François Bonneau, les régions souhaitent expérimenter les regroupements de lycées professionnels et de CFA (centres de formation des apprentis) dans le cadre de contrats tripartites (Etat, région, établissement). Enfin, les régions veulent arrêter avec l’Etat une feuille de route en matière de numérique, afin notamment d’accompagner une transition vers le "lycée 4.0". Il s’agit d’investir à la fois sur les infrastructures en très haut débit, les contenus et les outils. Dans sa région Grand Est, Philippe Richert a déjà pris les devants : dès cette rentrée, 50 des 355 lycées de la région vont expérimenter le  4.0. Sachant qu’au niveau national 95% des familles sont équipées en informatique, l’idée est de mettre l’accent sur celles qui ne le sont pas. Alors qu’une tablette coûte 700 euros dans le privé, un appel d’offres régional a permis d’en obtenir à 380 euros. Pour les familles dont le revenu est inférieur à 6.000 euros par mois, la région a décidé de subventionner l’achat à 50%, ce qui revient pour elles à acheter une tablette à 190 euros. Sur les 31.000 élèves concernés par ce plan numérique 4.0, 17.000 ont adressé une demande à la région, a indiqué Philippe Richert. Ce dernier veut par ce biais faciliter l'ouverture à de nouveaux modes d'apprentissage. "Le livre numérique n'est pas simplement la numérisation des livres", a-t-il insisté.

 

Source: Caisse des dépôts; Régions de France

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